L’été, les rivières disparaissent est une série photographique débutée en 2021, au cœur d’un été marqué par une intense canicule en Ardèche, dans le petit village de Saint Montan. Ce projet est né d’un constat saisissant : la rivière qui traversait le village avait disparu, asséchée. Ce paysage transformé, où l’absence d’eau résonnait comme un avertissement, a suscité une profonde réflexion sur notre relation à l’environnement et sur les bouleversements climatiques en cours.
Chaque été, je documente cette interaction fragile entre les êtres humains et leur environnement, où la sécheresse impose de nouvelles réalités. Mes photographies capturent les rencontres entre les corps et les paysages : un corps au bord d’une rivière asséchée, une peau marquée par le soleil, ou encore l’entrelacement du vivant et du minéral. À travers ces images, je cherche à montrer comment ces transformations touchent à notre intimité et réveillent une forme de nostalgie : celle d’un monde où l’eau coulait encore librement.
Cette série est traversée par une solastalgie, un sentiment de détresse face à la disparition progressive de ce qui était familier. En explorant les effets tangibles du dérèglement climatique, elle invite à une prise de conscience : chaque sécheresse, chaque rivière qui disparaît, raconte une histoire commune de perte et de fragilité. L’été, les rivières disparaissent propose un regard poétique mais lucide sur la manière dont nous vivons et ressentons ces transformations profondes, tout en questionnant notre place au sein d’un écosystème en danger.












